La séparation est comme un ilot dans l’eau… J’ai cru nager assez loin pour les îles Loyauté. Et un îlot, mon cher, c’est un abri dans l’eau et notre chair est d’eau, c’est à pleurer de le savoir parfois : le feu et l’eau, il n’y a qu’un sens pour les accommoder, porter à feu doux jusqu’à ébullition. La première fois, j’ai vu tes yeux, je n’ai vu que cela et je n’ai rien pensé… Ah si ! J’ai pensé qu’ils étaient trop feux, trop loups, que tu devais avoir la fièvre… Si j’avais su que tu venais de craquer une allumette, j’aurais amener de l’eau tout de suite pour éteindre l’incendie, j’aurais porté secours afin de sauver au moins une embarcation. Oui, alors tout serait venu de moi. Il doit y avoir des terres de paradis [des îlots] afin que tous les combattants du bout du monde ne s’entretuent pas tout à fait : les nuages, fuyants au-dessus d’eux, visibles à la renverse. Mon parcours objectif eût été l’océan pacifique.

C’est incroyable, aujourd’hui il a plu, et j’ai trouvé cela fantastique, car les arbres du jardin, là, sous mon nez en étaient exaltés. Un orage extravagant, des grises huées de voix de basse qui jouent à descendre plus bas que toi, Octave… Oui, le monde végétal se portait bien ce jour, il n’était pas décoiffé, il n’avait même pas peur, il buvait son coup et tssékoi ?… J’en connais une qui aime bien lorsque les fleurs se marrent…