Flamenco (un instantané)
Le flamenco est né de la force tellurique profane où il puise la générosité de sa révélation, c’est pourquoi il ne saurait être enfermé dans ce dédain de connaisseurs qui pourtant le protège. Échappant au pays qui le porte, c’est avec son petit air trop peuple qui n’a jamais su faire nombre qu’il peut ainsi faire partie de la théorie des ensembles.
A contre-courant du beau, curieusement se complait et pourtant s’y retrouve comme un matou retombe sur ses pattes. Voilà le charme.
Ses représentations sont un chant, une musique et une danse unis par le rythme en signe de reconnaissance mais ce ne sont que ses représentations. Voilà le sort.
Ce parler commun oblige pour son accomplissement à vivre passionnément : à chaque registre musical qui le compose il faut se plier. A chacun de s’y trouver lui-même car dans un jeu de passe-passe, transformé par ceux qui le portent, il les modifie à son tour.Et l’on ne sait, dans ce mouvement perpétuel, par quel miracle chacun parvient à y prendre sa place, si ce n’est dans un vent de liberté où rien n’est joué.
Une chose, donc : prenez le au sérieux car il tient plus de l’enseignement que du divertissement. Dans ce combat sans défaite, cela ne peut être : l’art de l’esquive.